Le vote ? Un début. La grève générale ? L'objectif.

Baptiste Anglade interviewé par Dounia Lemmouchia

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Baptiste Anglade ne vend pas un programme : il vend une stratégie. Pour lui, une urne n'a jamais arrêté un patron — seule la mobilisation collective le peut. Depuis 15 ans sur les piquets de grève, il se présente aux municipales de Grenoble non pas pour "prendre le pouvoir" mais pour que les travailleurs l'arrachent eux-mêmes.

Sa liste, "Grenoble ouvrière et révolutionnaire", est l'une des plus jeunes de cette élection. Son slogan : "C'est aux travailleurs de décider de tout." Pas une posture — une conviction construite depuis l'adolescence, qui traverse sa vision de la ville comme du monde : le capitalisme mène à la guerre, la misère, et les travailleurs n'ont rien à y gagner.
Mesures concrètes : réquisition des logements vides, régularisation de tous les travailleurs sans-papiers, suppression de la police remplacée par des services publics — crèches gratuites, bibliothèques de quartier, maisons de retraite. Mais il assume d'emblée : ces mesures ne seront possibles que si la majorité des travailleurs se mobilise pour les imposer. Pas de belles promesses, pas de programme clé en main : voter pour lui, c'est s'engager à continuer le combat après le scrutin.

Sur le RIC et la démocratie participative, il tranche : utiles pour faire entendre des idées, insuffisants pour changer les rapports de force. Et excluants — pourquoi les apprentis exploités dès 14 ans attendraient-ils 18 ans pour voter ? Pourquoi les sans-papiers qui construisent Grenoble en seraient-ils privés ?

Son horizon ? Un "troisième tour social" — comme les Gilets jaunes, comme les grèves contre la réforme des retraites — où ce sont les rues, pas les urnes, qui décident.

Titre et description par Alex Jade, captation audio Dounia Lemmouchia, photo par Baptiste Anglade

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